Rock en Seine 2007: trois jours de folie! 24.09.2007
Rock en Seine marque la fin de l’été et vient clôturer une série de festivals français devenus, en quelques années des évènements musicaux incontournables dans l’hexagone. Retour sur un festival d’excellence.
A l’instar de Glastonbury, festival outre-manche dont la réputation n’est plus à faire, Rock en Seine s’est imposé comme étant le rendez-vous hexagonal à ne pas rater des férus de musique éclectique, allant du rock à l’électronique en passant par la soul, le hip-hop et le jazz.
Et cette année encore, le line-up offrait une sélection d’une trentaine d’artistes mêlant têtes d’affiches et jeunes talents, invités à se produire sur trois scènes et ce, pendant trois jours. C’est dans le magnifique parc de St Cloud, banlieue chic de l’ouest parisien, que Rock en Seine a élu domicile il y a cinq ans.
Pour perpétrer l’esprit « underground » insufflé lors de sa création, l’édition 2007 accueille une nouvelle fois des musiciens qui se démarquent comme Amy Winehouse, CSS, 2 many DJ’s… Mais, à ma grande déception et à seulement quelques jours de l’ouverture du festival, Amy Winehouse, tête d’affiche tant attendue annulait son concert à Rock en Seine. La jeune Diva de la soul anglaise, laquelle je m’impatientais de voir est partie en « rehab » (cure de désintoxication). Ses « no, no, no » n’ont décidément pas été assez entendus.
Je décide néanmoins d’aller traîner mes bottes au Parc de St Cloud. Mais, je ne commencerais que samedi. Je ne savais d’ailleurs pas ce que je ratais le vendredi ne connaissant que quelques noms de la playlist, comme l’excellent duo belge des 2 many Dj’s dont on salue l’audace d’avoir mélangé les genres musicaux. On garde en mémoire la reprise de Joe le Taxi qu’ils enchaînaient naturellement avec les morceaux « électroclash » des berlinoises de Peaches. A l’époque, ils étaient les pionniers de ce nouveau style maintes fois copié par la suite.
Deuxième jour de festival : les pluies torrentielles des semaines passées ont laissé place au soleil. Seule la boue rappelait le mauvais temps et les plus « perchés » s’adonnaient même à quelques cataplasmes. C’est donc sous une chaleur de plomb que les vingt membres des Puppetmastaz affublés de leur masque « scary » nous offre 45 minutes de live rocambolesque sur des rythmes électro/hip-hop. Un show décalé avec des personnages tout droit sortis d’un spectacle de marionnettes.
Suivra le trompettiste suisse Eric Truffaz qui, accompagné de son groupe électro/accoustique, révèle des sonorités conformes à celles du prestigieux label de jazz, Blue Note. Il nous a offert encore une fois un live expérimental digne des plus grands jazzmen. Je ne me lasserais jamais de le voir sur scène et je vous conseille vivement d’acquérir au plus vite son dernier album « Arkhangelsk ».
Il faudra attendre le début de soirée pour écouter les brésiliennes déjantées de Cansei der Sexy et danser sur leurs mélodies disco-punk. Le groupe principalement féminin, au look « fluokids », est déchainé, faisant bondir le public sur des tracks devenus cultes comme « alalala » ou « lets make love and listen to death above ». On adooooorre !!!!
Pour continuer dans la même lignée « revival des années 80 » et pour le bonheur de tous, le duo pop français des Rita Mistouko prend la main sur une autre scène et sert à son fan club des morceaux récents de leur dernier album « variety ».
Les plus aguerris seront soutenir les sons heavy metal du groupe américain Tool. Je partirai à ce moment là, laissant les chevelus s’exciter. Dernier jour de festival toujours placé sous le signe de l’été. Il y a quelques avantages d’un festival qui a lieu la journée : le public est plus cosmopolite, et puis on peut s’allonger sur l’herbe face au soleil en écoutant le groupe qui passe et en sirotant une bière laquelle n’était pas si mauvaise pour une fois (merci Heineken !).
Le dimanche fut une journée très agréable. Kelis avait d’entrée annonçait la couleur. Avec son look disco 80’s, cette jeune américaine repéré par les producteurs de Neptunes a joué un son Rn’B groovy. On s’est vraiment délecté à l’écoute de certains morceaux soul. Je regrette seulement de ne pas pu avoir écouté « supa love » produit par Guru des Gang starr que j’avais découvert au début de son ascension aux Transes musicales de Rennes avec Jazzmattazz.
On passera rapidement devant « Kings of Leon », tête d’affiche qui m’était encore inconnue et qui, pour moi ne méritait vraiment pas le détour. Un groupe pop américaine qui remporte indéniablement un franc succès US mais qui ne fait pas le bonheur de tous, pas le mien en tous cas.
Vient ensuite le rappeur anglais Just Jack, adulé par un public d’ado, je fonds littéralement telle une teenager en émoi. Super sexy, le mec ! Son hip-hop hilarant, proche des « Streets », parcemé de disco, nous font vibrer sur le dance floor. Et voilà que plusieurs milliers de personnes se mettent à chanter en choeur « starz in their eyes » et « no time ». Un succès incroyable bien mérité. Malheureusement ce sera le dernier réel « kiff » pour moi avant la merveilleuse Bjork. Faithless a pourtant joué quelques bons morceaux, rappelant pendant de courts instants, nos années techno. Mais même les 45 minutes réglementaires étaient difficilement supportables. Désolée pour les fans, mais çà a vraiment mal vieilli. Le chanteur, lui, est toujours aussi à bloc, je pense qu’il a eu du mal a décroché des années 90.
Dernier moment fort, phare, fir, fur, « full of emotion » de la soirée et pour clôturer comme il se doit le festival Rock en Seine, la mystérieuse Bjork. Ovation exceptionnelle pour la chanteuse islandaise qui suscite l’engouement des foules. Dur de se frayer un chemin pour voir au plus près le frêle petit oiseau doré. Elle apparaît, telle une princesse apeurée dans sa robe faite de fils d’or, magnifique ! Ses musiciens, vêtus de robes fluo, font vibrer leurs instruments « do it yourself ». Bienvenue dans le monde imaginaire de Bjork. Elle commence avec l’excellent morceau « earth intruders » issu de son dernier album Volta qui cartonne déjà. Des sonorités électriques associées à des instruments d’un autre monde où vient se poser naturellement sa voix cristalline. Une heure vingt de live expérimental tiré aussi de ses précédents albums comme « Homogenic » et « post ». Il manquait, toutefois, quelques canapés sur lesquels on aurait pu s’asseoir et se laisser emporter par le son comme dans un concert de musique classique. Plus de 20000 spectateurs étaient amassés devant la scène pour l’écouter.
Au total, 65000 personnes sur trois jours, un succès incontesté mais encore loin des 70000 attendues pour que les organisateurs rentrent dans leurs frais. On remercie l’organisation de Rock en Seine qui était parfaitement orchestrée. Merci également aux bénévoles qui ont tenu le Parc de st Cloud en état de propreté.
Party remise l’année prochaine !
Florence
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